samedi 3 décembre 2011

Nadal-Federer, les sujets de la discorde / Nadal and Federer : gentlemen disagreements

Et si la nomination du prochain CEO de l'ATP, les questions sur le calendrier ou encore le système de classement menaient Rafael Nadal et Roger Federer à un bras de fer ? Les rivaux sur le court, mais très amis en-dehors, se livrent à une petite guerre d'influence entre gentlemen en coulisses. Le Suisse, président du conseil des joueurs à l'ATP, et l'Espagnol vice-président s'affrontent sur divers sujets. Le n°1 mondial Novak Djokovic, lui, se fait discret mais semble se rapprocher un peu plus des positions de Nadal. Ni Nadal, ni Federer ne peuvent imposer leurs vues au conseil de l'ATP mais l'influence des deux poids lourds est indéniable et passer outre garantirait peut-être des crises à venir pour le futur boss de l'ATP.  Les deux champions ont tenté de tout mettre à plat à Londres, annonce ainsi le New York Times. Alors, où sont les problèmes ?

What if the choice of the new ATP CEO, the schedule issues or the ranking system was about to bring Rafael Nadal and Roger Federer to a gentlemen fight ? Rivals on court but very good friends off court, they seem to be in a bit of a quarrel right now, a fight of influence behind the scene. The Swiss, president of the players ATP council, and the Spaniard, vice-president, are battling against each other on numerous issues. Novak Djokovic, n°1 player in the world, is keeping a low profile but seems to tend to take the Nadal's side. Nadal nor Federer can take decisions on their own in the ATP board where directors of tournaments are also in, as other players, but the power of the duet is huge. So let's see where the issues are :

LE NOUVEAU CEO / THE NEW CEO
Adam Helfant quitte son poste. On le sait depuis un bon moment mais à ce jour le nom de son remplaçant est toujours inconnu. Ian Ritchie, le boss de Wimbledon, avait été pressenti mais il n'en sera finalement rien. Un nom prend de l'importance depuis quelques semaines : celui de Richard Krajicek. Le vainqueur de Wimbledon 1996, ancien 4e joueur mondial et directeur depuis 8 ans du tournoi de Rotterdam est le favori de Rafael Nadal. L'Espagnol veut que les demandes et les besoins des joueurs en matière de calendrier soient au centre. Comme indiqué à l'US Open, il ne supporte plus que les joueurs ne soient pas plus souvent consultés. Il veut avoir du poids face à l'ITF (Coupe Davis / Grands Chelems) ou aux directeurs de tournois. Avoir comme CEO un ancien joueur est pour lui la garantie au minimum de parler à quelqu'un qui comprend ce que vivent les joueurs. Sans oublier qu'on adjoindrait à Krajicek un homme de dossiers et d'expérience pour le soutenir. Il se dit aussi que Novak Djokovic est du même avis que Nadal. Mais pas Roger Federer. Le Suisse, proche de Krajicek et qui s'est engagé à jouer Rotterdam en 2012, n'est pourtant pas convaincu par le profil : il veut un businessman capable de décrocher des marchés, un politicien aussi, quelqu'un avec plus d'expérience pour un poste qui demandera un talent de négociateur.

Adam Helfant : qui pour prendre sa place ?


Adam Helfant is out. We know it since some times now but his successor has still not be appointed. Ian Ritchie, boss of Wimbledon was a first name out of the rumors hat but ended not being interested. Now the name of Richard Krajicek is rising. The former Wimbledon champion, former n°4 in the world and director of the ATP 500 of Rotterdam is Rafael Nadal's favorite. As we've all seen during the US Open and since then, Nadal wants weight for the players voices. He wants ITF (Davis Cup, Grand Slams, etc) to be forced to listen to them, same for tournaments directors. If the CEO can be an ex pro player, it's a bit of feeling for Nadal that he'll understand the players points of view. An other person would be nominated close to Krajicek in order to help him with legal and business sides. Rumor has it that Novak Djokovic would back Krajicek like Nadal for the position. But not Roger Federer. Despite being close to Krajicek and engaged to Rotterdam in 2012, the Swiss isn't convinced by the profile : he wants a businessman, someone able to win new markets, a politician too, someone with more experience in a position where negociation has a big part.

LA REFONTE DU CALENDRIER / THE SCHEDULE
L'opposition semble frontale : Federer ne veut rien changer, Nadal tout. La profondeur du malaise est apparue à l'US Open quand, agacé des décisions des organisateurs de le faire entrer sur le court alors que la pluie allait revenir, le n°2 mondial s'en est pris au système suivant le principe de la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Pas assez de poids pour les joueurs dans ce genre de circonstances, aucune écoute de l'ITF en ce qui concerne la programmation des matches de Coupe Davis, la nécessité pour l'ATP de trouver une solution pour alléger un calendrier devenu selon lui intenable. Andy Murray et Andy Roddick se sont joints ensuite à la cause. L'idée d'une grève a même fuité. Novak Djokovic, à Londres pour le Masters, a redit que les joueurs devaient se regrouper pour trouver une solution. David Ferrer a même lancé que c'était une urgence. Alors forcément entendre Roger Federer dire que les choses sont bien en l'état, que le calendrier sera allégé de deux semaines à partir de la saison prochaine et qu'on on ne peut rien faire de plus sous peine de mettre en danger certains tournois est une désolidarisation de fait.

Le n°3 mondial reproche aussi à ses camarades d'avoir évoqué leurs états d'âme en public, lui préférant laver son linge sale en famille. La fronde des joueurs peut-elle donc avoir lieu sans le soutien de Roger Federer ? La position du Suisse est délicate puisque désormais âgé de 30 ans et ayant joué un nombre de matches suffisant, il sera quasiment libre de jouer ou de ne pas jouer les tournois qu'il veut. Le circuit vit du Top 10 - et même du Top 4 - alors quel est l'intérêt de les voir sur les rotules à chaque fin de saison ? Ou faire l'impasse sur toute une tournée comme cette année en Asie ? On imagine évidemment que les directeurs de tournois vont refuser ces aménagements, leurs intérêts étant à court terme contraires à ceux des cadors. Mais à long terme, les intérêts de part et d'autre finissent par se rejoindre alors il serait bon que chacun fasse un pas vers l'autre.

Les cadors vont devoir se mettre d'accord


The opposition looks deep. Roger Federer doesn't want to change anything, Rafael Nadal everything. It was obvious how big was the concern over the schedule at the US Open when Nadal and others like Murray or Roddick went mad after the event direction for scheduling issues regarding the rain. It was the last straw which made those players vocal about the need for the players to be heard, and asked about when important matters were surfacing. ITF regarding grand Slams and Davis Cup (Nadal in Cordoba went on and on about how this schedule was insane), as much as ATP : Nadal wants the schedule to get lighter. A strike was even in the air at some point. In London for the ATP World Tour Finals, Novak Djokovic said players will need to talk and find solutions. David Ferrer said it was an emergency. So it is nothing less than standing apart from Federer when he says things are right as they are now, schedule is fine and will be lighter of two weeks since next year and that nothing more can be donc without putting tournaments in danger.

The n°3 in the world also disagrees with his fellow players who went public about their position regarding the schedule. He thinks this is better to be talked behind close doors, in family. Without letting medias or else getting in the debate and, in his opinion, damaging the image of this sport.  Can the players go on without Federer's support ? But the position of the Swiss is tricky cause by being 30 and having played the required number of matches, he's going to basically be allowed to skip any event he wants to without too much issues. And what about this end of season : Asian Tour like boycotted, Top players on their knees at the World Tour Finals. ATP is depending on the Top 10 and even Top 4 guys to stay there and compete aginst each other. It'd be a nice idea to ensure they and those who are going to come next will be put in the best and safest conditions. Viewing Nadal and Djokovic playing Davis Cup three days after their US Open final was a bit disturbing. And last year the Masters will start one day after the Paris Bercy Masters 1000 final... The situation is complicated but a step by each side towards the other could be a great idea at this point. Directors of tournaments and players have of course different interests. But I think they have more to win by walking together.

LE SYSTEME DE CLASSEMENT / THE RANKING SYSTEM
Rafael Nadal a une idée fixe : il veut un classement établi sur deux ans et non plus un. L'Espagnol avance que c'est une des solutions afin d'éviter que les joueurs du Top 10 s'usent prématurément. Personne n'a intérêt à ce que les meilleurs ne jouent pas ou finissent leur carrière de manière précoce, alors Rafa affirme que ce système empêcherait les meilleurs de devoir cravacher pour revenir en cas de blessures ou de devoir jouer de plus en plus de matches pour garder leur classement. Pour Federer et Djokovic, c'est un non catégorique. A Londres, le Suisse a expliqué que ce choix rendrait à son avis bien trop difficile la montée au classement des jeunes joueurs et que ça empêcherait les moins bien classés de profiter d'un gros coup ou deux par saison. Oui ça protègerait les meilleurs, mais en créant un circuit à deux vitesses.

Quelle peut être l'influence du n°1 mondial dans tout ceci ?


It's Rafael Nadal's obsession : a two years ranking system instead of one. He feels it's one great way to avoid Top players from getting injured too much, from having to end their careers too soon and from not ending too far in the ranking (like a Del Potro for example) when they need to spend time out of the Tour because of an injury or from feeling the need to play weeks in weeks out in order to keep thier ranking. For Federer or Djokovic : it's a big no. In London, Federer explained it'd make things to tough for the new comers, would require too much time for them to climb the ranking and would also prevent lower ranked player from hoping they can achieve a good ranking with one or two big wins. It'd create a two different speek kind of Tour. Would only be good for the Top players. And would also not be easy enough to understand for the fans and the general audience.

Voilà donc les points de discorde et quand on a vu avec quelle force Rafael Nadal que ce soit à New York ou Cordoue avait expliqué point par point pourquoi ça n'allait pas et pourquoi il ne lâcherait rien, on peut se dire que l'Espagnol ne laissera pas la voie libre à Federer facilement. Ce dernier a dû bien le sentir puisqu'en marge du Masters de Londres il s'est entretenu avec son rival. Comme on l'apprend dans le New York Times, les deux hommes ont ainsi exposé leurs points de vue en tête à tête, histoire que chacun entende bien la position et les arguments de l'autre. Entre les lignes, on comprend qu'il n'y a pas eu d'accord trouvé et qu'après un temps de réflexion nécessaire ils vont de nouveau tenter de trouver une position commune à présenter au board. Ils savent bien que si jamais ils se présentaient unis, leur poids serait sans doute de nature à forcer la décision. Nadal et Federer font-ils la pluie et le beau temps dans cette organisation ? Non, mais passer outre leurs désirs peut conduire le prochain CEO à un mano a mano peu efficace ni bon pour l'image du circuit. Mais la voix de Federer peut-elle au final peser plus que celle de Nadal et Djokovic ? En effet, éliminer le n°1 mondial de l'équation semble compliqué. Idem pour Andy Murray, remonté également contre le calendrier, ou des anciennes gloires comme Andy Roddick. Le Serbe, lui, avait pointé à Londres le noeud du problème en appelant ses collègues à l'unité. Dans un circuit dont les intérêts du Top 10 diffèrent de ceux du Top 30, 50 ou 100, l'unité semble déjà bien compliquée à envisager. Mais quand même au sommet de la hiérarchie, les voix s'opposent... Quand le nom du prochain CEO tombera et que ses positions sur les sujets abordés ici seront connues, on connaîtra sans doute aussi le vainqueur de la première manche entre Nadal et Federer. Quelles conséquences pour le circuit, pour leur relation ? Aucune peut-être. Ou pas.
Rafael Nadal ne cèdera pas facilement


So here are the main points of disagreement between Nadal and Federer. And when you've seen how determined to be heard and to see changes happen Nadal was since the US Open, it can be guessed that he won't let Federer have the last say easily. Maybe Federer felt it cause in London we're now learning that the two have met in order to try to talk this through. As we're reading in this New York Times article,  they both get to give each other their positions. But between the lines it's clear that no agreement was found, cause now Federer says they need to let some time goes by in order to think and will get in touch soon again. The goal is to be able to present a common direction to the ATP board. United, their influence may be decisive. Are they The Ones to decide ? No but trying to go against them may be a sure way for the new CEO to open a battle that he's not sure to win and that could be bad for the Tour. Can Federer's voice be stronger than Nadal and Djokovic ones ? Cause, yes, I guess the position of the n°1 in the world may count at one moment. And what about Murray or old guard like Roddick ?  The Serbian, in London, went straight to the main point when talked about the need for the players to remain together on this matter. On the Tour, interests of the Top 10 aren't same as Top 30, 50 or 100 so having them all united seems like a fantasy. And when even the top players can't agree... So when we'll get the name of the next CEO and his view on the matters talked about here, we'll now who from Nadal or Federer will have win the first battle. What will be the consequences for the Tour ? For Rafa and Roger relationship ? Maybe none. Or not.

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